Histoire de France. Vol. 9. Guerres de Religion

«Il était temps, grand temps, que le protestantisme
prît l'épée et avisât à sa défense. Il périssait
certainement, s'il ne devenait un parti armé [...].
La question suprême du temps éclatait dans sa
vérité. Elle s'était révélée en Angleterre sous le
terrorisme de Marie la Sanglante. En France, des
ténèbres, elle jaillit par un jet de flammes comme un
incendie souterrain. En face de ces grands signes,
les rois allaient se reconnaître, cesser une lutte qui
n'avait point de sens, s'avouer qu'ils étaient d'accord,
qu'ils n'avaient d'ennemi que la liberté protestante,
et tourner leur efforts contre elle.
Aux Pays-Bas, en Angleterre, en Italie, en Espagne
et en France, au nord comme au midi, tout s'accorde
pour l'étouffer. La Réforme française peut dire à ses
enfants, comme le loup de la fable aux siens : Montez
sur une montagne, et regardez aux quatre vents,
aussi loin que vous pouvez voir, vous ne verrez
qu'ennemis.»