La pierre et la terre : le marché foncier et immobilier dans les dynamiques sociales du Nord de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles

Dans les sociétés d'Ancien Régime, la pierre et la terre
furent longtemps la principale source de richesses et un
élément constitutif des patrimoines.
Dès lors, les propriétés immobilières et foncières deviennent
un puissant vecteur de rencontres et d'échanges entre les
différentes catégories sociales, citadines et rurales. Dans les
villes où la majorité de la population vit en location, la maison
n'a pas attiré de grands rassembleurs de pierre. Sur le marché
immobilier, les bourgeois et les artisans sont les plus actifs,
mais toutes les catégories sociales sont en concurrence pour
des habitations de valeur médiocre ou faible.
En considérant la ville dans son environnement rural,
l'influence citadine est claire. Autour de Lille ou de Cambrai,
les propriétés citadines modèlent le visage des campagnes.
Pourtant, les citadins, principalement issus de la bourgeoisie,
s'engagent timidement dans le jeu foncier. Encore la participation
citadine est-elle scandée par des convulsions chronologiques
qui achèvent de relativiser l'idée de la «conquête bourgeoise
du sol». Sur le marché foncier, les gens de campagne réalisent
donc l'essentiel de l'activité. Opérant entre eux, les ruraux
multiplient les interventions de petite valeur sur un espace
relationnel étroit. Pourtant, tous ne sont pas en action :
l'instabilité des patrimoines des journaliers renforce surtout la
position des laboureurs et des fermiers.
À travers l'analyse des marchés fonciers et immobiliers,
cet ouvrage s'attache donc à comprendre les stratégies et les
dynamiques des différentes catégories sociales de la Ville et
de la Campagne.