La patrie de l'âme

Après Le Chant profond (José Corti, 1985), Lire comme on se
souvient (Phébus, 2000), Jean Mambrino déverse une fois de
plus sa hotte de liseur impénitent, pour le plus haut régal de
ceux qui savent que les livres - en tout cas les meilleurs d'entre
eux - sont d'incomparables amplificateurs du simple bonheur
d'exister.
Seul Bachelard avant lui aurait su composer, quasi musicalement
parlant, une «suite» aimantée par une si intime
empathie : en une succession de brefs chapitres, Mambrino nous
convie à revisiter une vingtaine d'écrivains du siècle qui vient
de s'achever, de Proust à Follain, de Strindberg à Canetti ; et
plutôt que d'analyser leur singularité, il nous invite à retrouver
le chemin de leur rêverie intime, éclairant leur oeuvre «de
l'intérieur» par le jeu d'une méditation songeuse enrichie de
surprenantes citations.
De quoi vous faire courir toutes affaires cessantes à la plus
proche librairie acheter les dix, les cent livres que vous venez de
découvrir dans ces pages (car vous n'avez pas tout lu !),
lesquels vous paraissent dès lors aussi indispensables que le
pain et le vin.