Court traité de signalétique à l'usage des bibliothèques publiques

Dans les bibliothèques publiques, une part considérable des collections est désormais
en accès libre.
Les signaléticiens des bibliothèques en ont-ils tiré toutes les conclusions ?
Certes, plus que jamais, la signalétique doit aider le lecteur à trouver ce qu'il cherche.
Mais ce lecteur libre ne se comporte plus guère, face aux rayonnages, comme le magasinier
d'autrefois, bulletin de demande et cote à la main. Et moins encore, lorsqu'il s'aide des
«nouvelles technologies de l'information et de la communication». Progressant
par associations, exploitant les coïncidences, il en arrive peu à peu à «chercher ce qu'il trouve».
Il devient moins soucieux d'exhaustivité que de trouvaille personnelle. Cette trouvaille qui le
fait revenir à la bibliothèque.
Par là, celle-ci peut échapper à sa caricature en labyrinthe stérile plein de pièges et
d'impasses. Le lecteur qui s'en joue nous montre qu'elle peut devenir ou redevenir labyrinthe
positif avec ses chances et ses ouvertures.
C'est ce labyrinthe-ci que le signaléticien devra favoriser. Il n'écartera rien de ce qui pourra
favoriser sécurité et confort. Mais pour autant, il ne conduira pas le lecteur par la main. Le propre
d'une bibliothèque n'est pas de proposer des livres (d'autres le font fort bien), mais des itinéraires.
L'auteur a voulu traiter de cette signalétique dans sa spécificité, examiner le parti qu'elle peut
tirer des contraintes. Montrer combien il importe qu'elle intervienne à temps. Sans renoncer
jamais à dire son mot.
Ce qui lui permet, en outre, d'envisager de manière positive plusieurs des dilemmes rencontrés
par ceux qui, comme lui, oeuvrent dans les bibliothèques à l'accueil des publics.