Courrier hebdomadaire, n° 2293-2294. L'accord de coopération culturelle entre la Communauté française et la Communauté flamande

Conclu le 7 décembre 2012 et entré en vigueur quatorze mois plus tard,
l'accord de coopération culturelle entre les Communautés française et
flamande constitue l'aboutissement d'un très long processus politique. En
effet, il a fallu plus de quarante ans aux deux partenaires institutionnels
avant de parvenir à trouver un terrain d'entente.
Jusqu'alors, les négociations avaient systématiquement achoppé sur la
question de la territorialité des compétences culturelles. Ce point de crispation
n'est d'ailleurs pas encore totalement réglé. Du côté flamand, certains
acteurs politiques voient dans cet accord de coopération un cheval
de Troie francophone menaçant l'homogénéité culturelle de la Flandre. Du
côté francophone, d'aucuns reprochent à cet accord de ne pas concerner
les francophones vivant en Flandre. Ces tensions expliquent aussi que,
loin de concerner l'ensemble du domaine de la culture, le texte se limite
à quelques matières bien spécifiques.
Aujourd'hui encore, la question du champ d'application de l'accord du
7 décembre 2012 reste très délicate. D'une part, ses signataires disposent
de la faculté d'allonger, d'un commun accord, la liste des matières culturelles
concernées. D'autre part et surtout, un doute important plane sur la
possibilité juridique de mettre en oeuvre cet accord en région bilingue de
Bruxelles-Capitale. C'est là le principal paradoxe de ce texte : alors que
c'est en région bruxelloise qu'il apparaissait le plus utile, il n'est pas
acquis qu'il pourra y déployer ses effets. En outre, alors que son objectif
était d'apaiser les tensions communautaires, il avive, chez certains
francophones, la crainte d'une gestion co-communautaire de la culture à
Bruxelles.
Le présent Courrier hebdomadaire aborde ces différents aspects de la
problématique. Il fait également le point sur les premières réalisations
concrètes issues de l'accord du 7 décembre 2012, en tentant de percevoir
ce qu'elles laissent entrevoir pour l'avenir.