Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 118. Jean Damascène

«Il fallait que cette demeure digne de Dieu, la source
non creusée de main d'homme d'où jaillit l'eau
qui remet les péchés, la terre non labourée, productrice
du pain céleste, la vigne qui sans être arrosée donna le vin
d'immortalité, l'olivier toujours verdoyant de la miséricorde
du Père, aux fruits magnifiques, ne subît pas l'emprisonnement
des abîmes de la terre. Mais de même que le
corps saint et pur que le Verbe divin, par elle, avait uni à
sa Personne, le troisième jour, est ressuscité du tombeau,
elle aussi devait être arrachée à la tombe et la mère être
associée à son Fils. Et comme il était descendu vers elle,
ainsi elle-même, objet de son amour, devait être transportée
jusque "dans le tabernacle plus grand et plus parfait",
"jusqu'au ciel lui-même".
Il fallait que celle qui avait donné asile au Verbe divin
dans son sein vînt habiter dans les tabernacles de son Fils.
Et comme le Seigneur avait dit qu'il devait être dans la
demeure de son propre Père, il fallait que sa mère demeurât
au palais de son Fils, "dans la maison du Seigneur, dans les
parvis de la maison de notre Dieu". Car si là est "la demeure
de tous ceux qui sont dans la joie", où donc habiterait la cause
de la joie ? [...]
Il fallait que celle qui avait contemplé son Fils en croix et
reçu au coeur le glaive de la douleur qui l'avait épargnée dans
son enfantement, le contemplât assis auprès de son Père.»