Cocteau journaliste

Cocteau
Journaliste
Tenté par le journalisme comme la grande majorité des écrivains de
son temps, Cocteau l'a pratiqué en poète à qui aucun art d'écrire n'est
étranger, affirmant que « le poète ne peut employer un seul langage, ou
plutôt un seul degré de cuisson ». Cette attraction connaît des étapes
et inflexions diverses, dont les contributions réunies dans cet ouvrage
envisagent les principaux aspects. D'abord partagé entre la revue d'art
et le dessin de presse, dont « l'hebdomadaire illustré » Le Mot réalise
durant la guerre de 1914 une heureuse
synthèse, le poète est gagné au début
des années Vingt par les vertus stratégiques et publicitaires du média : dopé
par le sentiment d'être un persécuté
des Lettres, un publiciste prend alors
la suite du journaliste pour travailler à
la promotion de sa figure d'artiste. Vers
le milieu des années Trente, Cocteau
revient à l'esprit du journalisme professionnel, pratiquant le reportage,
l'écriture en série, la chronique. L'idylle prend fin au début des années
Cinquante : les collaborations continuent, mais le poète n'a plus de
« programme de journalisme » et, dans le secret du Passé défini (1951-1963), les sorties contre la presse s'exagèrent jusqu'au divorce.