Chronique de la Fronde

En 1639, à dix-huit ans, Françoise Bertaut épousa Nicolas
Langlois, seigneur de Motteville, premier président de la
chambre des comptes de Rouen, qui en avait quatre-vingts.
Bientôt veuve, elle fut appelée en 1643, à la mort
de Louis XIII, par Anne d'Autriche pour remplir auprès
d'elle les fonctions de première femme de chambre. Dès
lors Mme de Motteville n'eut plus qu'une passion : la
Reine, qui en fit sa confidente. Placée aux premières
loges de la cour, elle rédigea alors une somme intitulée
Mémoires pour servir à l'histoire d'Anne d'Autriche , dont
est tirée la présente Chronique de la Fronde.
Source essentielle pour l'histoire de la Fronde (1648-1653),
cette Chronique , rédigée selon le point de vue du pouvoir
royal, donne une image particulièrement vivante d'Anne
d'Autriche, mais aussi de Mazarin et de l'enfance du Roi-Soleil,
ainsi que des principaux personnages de la cour et
du parlement de Paris, parmi lesquels Gaston d'Orléans,
le Grand Condé et sa soeur Mme de Longueville, le duc
de La Rochefoucauld, Henriette de France, Mme de
Chevreuse, Mathieu Molé, Omer Talon ou le président
de Mesmes. Indispensable contrepoint aux Mémoires du
cardinal de Retz, cette Chronique de Mme de Motteville
rapporte dans le détail, par une approche à la fois factuelle
et psychologique, les événements majeurs survenus en
France durant l'une des époques les plus troublées et les
plus importantes de son histoire.