Christianisme, mission et cultures : l'arc-en-ciel des défis et des réponses, XVIe-XXIe siècles : actes du colloque du Crédic tenu à Bologne du 29 août au 1er septembre 2007

Christianisme, mission et cultures : l'arc-en-ciel des défis et des réponses, XVIe-XXIe siècles : actes du colloque du Crédic tenu à Bologne du 29 août au 1er septembre 2007

Christianisme, mission et cultures : l'arc-en-ciel des défis et des réponses, XVIe-XXIe siècles : actes du colloque du Crédic tenu à Bologne du 29 août au 1er septembre 2007
Éditeur: Karthala
2008311 pagesISBN 9782811100353
Format: BrochéLangue : Français

L'eau est engrais, route et force, et ainsi «richesse souveraine», écrivait

Jean Brunhes. Par la variété de ses usages, répondant à des besoins fondamentaux,

elle constitue un bien de souveraineté, une source de conflit quand

la ressource se raréfie, que les usages et les usagers se multiplient. Conflits

entre finalités (agriculture et production d'électricité par exemple), modalités

techniques (décrue et irrigation, modernisation technique ou tradition...), usagers

(agriculteurs contre éleveurs, pêcheurs), ou encore entre échelles, de l'État

au terroir : les échelles d'analyse sont multiples. La géopolitique fluviale est

une géographie régionale qui se plaît dans les grands ensembles, mais ne s'y

complaît pas.

L'Afrique n'est certes pas un théâtre majeur des conflits hydropolitiques ;

sur la part la plus sèche du continent, contre toute attente, les tensions restent

modérées. Faut-il s'en réjouir naïvement ? Ce calme relève largement

des crises économiques et politiques, du caractère limité et local des aménagements.

On a renoncé à traiter ici les bassins du Congo et du Zambèze, qui

sont pourtant de remarquables objets géopolitiques : la crise multiforme que

traverse l'Afrique centrale a affecté les équipements hydroélectriques mais, peu

peuplée, bien arrosée, cette région n'a cure d'irrigation. Le Congo n'est plus

qu'une voie d'eau mal balisée, un pis aller faute de routes. Les cinq grands

bassins étudiés appartiennent donc tous aux zones soudanienne et sahélienne :

eaux rares, pluies faibles, population relativement dense circonscrivent les problèmes.

De surcroît, à l'exception du Niger, les tracés fluviaux conduisent du

mieux arrosé au plus sec : Sénégal, Nil et Niger supérieur auraient pu se perdre

dans les sables, à l'instar des tributaires du lac Tchad... Pour le reste, que de

différences !

Bassins du Nil et de l'Orange se distinguent des autres par leur niveau

d'aménagement, résultante du développement économique et technique. Dans

le cas de l'Orange, on pourrait parler de suréquipement. Partout, on évoque les

risques de pénurie. Pourtant les conflits internationaux pour l'eau sont rares, les

risques de guerre semblent pondérés par la géométrie des États et des fleuves.

Malgré les discours catastrophiques et parfois menaçants de l'Égypte, on n'a

pas dépassé le stade des conflits internes aux pays. Ceci n'est-il pas à l'image

d'un continent où les aménagements modernes sont des îlots, où le poids

des États aménageurs relève du discours au moins autant que du réel, où les

antagonismes internationaux se cachent derrière les «rébellions» régionales,

aujourd'hui ethniques et affairistes plus qu'idéologiques ? Ce répit ne saurait

durer longtemps. Il serait d'autant plus utile d'en profiter pour penser les fleuves

comme systèmes... Cet ouvrage, réalisé par trois générations de géographes

et historiens, voudrait y contribuer.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)