Charisme & instituts de vie consacrée : les canons 578 et 587 du Code de droit canonique de 1983

Le charisme est devenu un mot à la mode ; il est employé dans des
quantités de domaines différents, ce qui ne facilite guère sa juste compréhension.
On le retrouve en particulier dans le domaine de la vie
consacrée, où il sert à préciser l'identité et la spécificité d'un institut.
L'utilisation officielle du terme «charisme» dans le cadre de la vie
consacrée est cependant récente, et se rencontre à la suite du Concile
Vatican II. C'est dans l'Écriture (en particulier dans les écrits de Paul)
et au fil du développement de la théologie que sont définis les contours
d'un charisme. La compréhension actuelle d'un charisme de vie consacrée
est pourtant déconnectée des sources scripturaires et théologiques.
La définition de la vie consacrée par la profession des conseils
évangéliques a mis au second plan sa dimension charismatique. Elle
a fait, le plus souvent, du charisme d'un institut une revendication
identitaire au détriment de l'appel à la sainteté et à la communion
ecclésiale dans l'obéissance aux pasteurs. La législation actuelle marginalise
la dimension charismatique de la vie consacrée. Et lorsqu'elle
essaie de la préciser - en particulier dans le canon 578 et le canon 587
sur les Constitutions d'un institut -, elle en fausse la juste compréhension.
D'une certaine manière, en l'évacuant de sa législation, l'Église
tolère que le terme de charisme se prête à une acception abusive. En
répugnant à le définir, elle a laissé l'opinion courante lui attribuer une
interprétation déficiente. Une reformulation de ces canons qui introduiraient
le terme «charisme» et le définiraient confèrerait une aide
appréciable aux instituts naissants et à de nombreuses autres réalités,
encore en gestation, qui ne cessent de venir enrichir et développer
l'Église de leur dynamisme.