Voyage

La mémoire n'obéit qu'à ses caprices. Il n'y a aucune
chronologie ni logique à attendre d'elle. Jean-Luc Hees
n'a donc pas cherché à ordonner ses souvenirs de bour-lingueur
des ondes. Il nous les offre en vrac, restituant
ainsi une émotion intacte. Ce diable d'homme aurait
bien du mal à se conjuguer au passé.
Jean-Luc Hees semble éprouver, à l'instar d'un Jacques
Brel, la nostalgie du Far West, d'où peut-être une fascination
juvénile, que les ans n'ont pas entamée, pour
l'Amérique, les États-Unis bien sûr, mais aussi les pays
d'Amérique centrale et du Sud, sans oublier Haïti, son
jardin secret.
Il ne joue pas au héros, au journaliste sans peur et sans
reproche. Bien au contraire, il raconte, non sans un sens
certain de l'autodérision, ses frousses, ses égarements.
Il se livre aussi à de magnifiques exercices d'admiration
dès lors qu'il évoque des amis dont la seule indélicatesse
fut de déserter la planète.
Un livre d'aventures à hauteur d'homme.