Serena

Situé dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord, Serena allie,
selon l'auteur, «drame élisabéthain, problèmes environnementaux
et richesse de la langue». La belle Serena, sorte de Lady Macbeth
des années 1930, vient d'épouser George Pemberton, riche exploitant
forestier. Un couple de prédateurs mégalos, déterminés à couper
tous les arbres à portée de main pour accroître leur fortune. Mais le
projet d'aménagement d'un parc national, pour lequel l'État convoite
leurs terres, menace leurs ambitions. Pemberton s'emploie à soudoyer
les banquiers et les politiciens concernés. Intrépide et sans états
d'âme, Serena a d'autres arguments : le fusil, le couteau, le poison,
et un homme de main dévoué.
Serena prend des allures de thriller lorsque la sulfureuse héroïne
poursuit de sa haine implacable l'enfant que son mari a engendré
avant leur rencontre et qu'il semble vouloir protéger. Mais c'est avant
tout un roman d'une remarquable ampleur, ponctué de réalisme
magique, où la description élégiaque d'une nature bafouée alterne
avec celle, saisissante, des pires recoins de l'âme humaine.