Boîte aux lettres

Dernière étape de l'exploration de l'épistolaire dans le
monde lusophone, les articles réunis dans cette «Boîte
aux Lettres» interrogent échanges authentiques,
lettres-chroniques, témoignages, confessions ou documents. Pour
le Portugal, les études portent sur l'évolution de la correspondance
privée, du XV<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle, où la marque du hiéronymite
Frei Heitor Pinto s'impose ; sur la lettre-document,
journal de voyage informatif et didactique, envoyée d'Éthiopie
en 1603 par le Père jésuite Pêro Pais ; sur les missives de la
marquise d'Alorna révélatrices de son apprentissage intellectuel
au siècle des Lumières ; sur les échanges entre les poètes
Fernando Pessoa et Sá-Carneiro éclairant une hétéronymie
naissante ; les lettres-poèmes ou exercices spirituels que Sophia
de Mello Breyner Andresen adresse à des amis morts ; la communication
dans le roman épistolaire d'Almeida Faria. Pour le
Brésil, les travaux concernent les «lettres-causeries» de la
presse du XIX<sup>e</sup> siècle, l'épistolaire didactique du roman de Júlia
Lopes de Almeida, la missive en tant qu'objet scénique dans la
dramaturgie de Coelho Neto, les échanges entre Monteiro
Lobato et une jeune inconnue, révélateurs d'une écriture littéraire
ou entre Mário de Andrade et Luís da Câmara Cascudo,
révélateurs de la construction de la brésilianité ; enfin la correspondance
«confession» entre Samuel Rawet et Renard Perez.
On se rend compte que l'épistolaire, moyen de communication
privilégié, est d'une richesse inépuisable.