En passant par Tombouctou : l'épopée de Moulay Hiba : sultan insurrectionnel anticolonial, roi de Marrakech et du Sahara, 1912

Dans aucun manuel d'histoire, vous ne trouverez trace de la
résistance africaine, un siècle durant, de millions d'hommes et de
femmes contre les campagnes de conquête et d'occupation barbares,
en toute impunité, des armées coloniales. Sur le vaste territoire qui
s'étend de l'Atlantique aux confins du Tibesti et du Fezzan, de
l'Atlas au Sahel, ils mènent pour la même cause, les mêmes
idéaux, une résistance farouche dont les officiers coloniaux déclarent
qu'elle a atteint les limites de l'invraisemblance. Artillerie, aviation, exactions,
prises d'otages, empoisonnements, divisions, mystifications,
rien n'y fait, la résistance populaire ne faiblit pas.
Un héros parmi les innombrables héros marque cette résistance
de son empreinte indélébile de courage, de noblesse, de dignité et
de justice, il combat pour la liberté et l'unité : Moulay Hiba, fils du
cheikh Ma El Aïnine dont J.M.G Le Clézio a si admirablement relaté
la geste dans son roman Désert , dont la partie historique aurait pu
s'intituler La Longue Marche.
La poésie de tradition orale demeure une source d'information
importante sur cette résistance à la colonisation des 19<sup>e</sup> et 20<sup>e</sup> siècles.
Le locuteur garde vivace l'épopée de la résistance anticoloniale dans
tout le Maghreb, le Sahara et le Sahel, inscrite dans le coeur, l'âme
des villages, des campements, des qasbahs, des ksours, des montagnes
et des vallées.
Un cri d'alarme en ces temps de négation du génocide culturel,
politique, économique subi par les Touaregs , nomades parmi les
derniers grands nomades de la planète, du massacre d'Aderam-boukane
en 1916 au massacre de Tin Tibaradine en 1990, en passant
par Tombouctou au 21<sup>e</sup> siècle.