Marx : scientifique et révolutionnaire : anthologie

Celui qui tenterait de séparer les célèbres descriptions faites par Darwin
de la faune des îles Galápagos et sa théorie de l'évolution se couvrirait
de ridicule. Sans la théorie qui les a soutenues et dirigées, ces
descriptions ne seraient ni méticuleuses, ni pertinentes : surtout, elles
n'auraient aucune valeur scientifique.
À l'inverse, la tentative de séparer les analyses scientifiques de Marx
de la théorie communiste globale qui les nourrit est récurrente. C'était
déjà le cas il y a 30 ans, lorsque le présent ouvrage a été publié pour
la première fois en Italie (par les éditions Lotta Comunista), et c'est de
nouveau une tendance à la mode depuis la crise des relations globales.
De nombreux économistes - ou présumés comme tels - ont redécouvert
que les études de Marx sur le phénomène des crises du capitalisme
restent aujourd'hui inégalées. Toutefois, afin de pouvoir se les
approprier, ils doivent amputer les analyses économiques de leurs
racines et de leurs conclusions communistes.
En réponse à l'énième réédition de cette vieille ruse, nous reprenons
encore et toujours les propos d'Engels sur la tombe de son ami et
camarade de lutte de toute une vie : Marx fut un «homme de science.
Mais, ce n'était point là, chez lui, l'essentiel de son activité. [...] Car
Marx était avant tout un révolutionnaire».