Leonora, Lydia et les autres : études sur le (nouveau) roman anglais du XVIIIe siècle

Leonora, Lydia et les autres : études sur le (nouveau) roman anglais du XVIIIe siècle

Leonora, Lydia et les autres : études sur le (nouveau) roman anglais du XVIIIe siècle
2004394 pagesISBN 9782729707552
Format: BrochéLangue : Français

Dans l'Angleterre du XVIII<sup>e</sup> siècle,

la Bibliothèque de fiction subit

une véritable mutation. Cette

étude s'efforce d'approfondir les enjeux

de cette «bataille des livres», en prenant

pour guides quelques héroïnes qui ont

la particularité d'être aussi des lectrices

forcenées : Leonora au début du siècle,

Lydia vers la fin, mais aussi leurs consoeurs

Pamela (qui s'en défend), Arabella,

Angelina, jusqu'à Emma, laquelle chez

Flaubert expie tragiquement une fascination

qui n'a été punie chez ses aînées

que du ridicule ou de la mortification.

Les chapitres analysent les relations

conflictuelles qui s'établissent entre les

auteurs et les lecteurs (et lectrices) se

disputant la mainmise sur le «corps

romanesque». C'est cette rivalité qui

pousse à l'innovation, par le moyen de

stratégies toujours réinventées de déni

et de détournement, de parodie et de

réinvestissement. L'étude particulière de

paratextes symptomatiques chez Defoe,

Richardson, Fielding, Sterne, Smollett,

alterne avec celle, plus générale, des

moments importants de l'histoire littéraire

: la notion même de novelty , et du

«novelist» comme news-writer puis

comme novel-writer , en passant par la

conceptualisation esthétique du «Nouveau»

chez Addison, le statut problématique

des autobiographies confessionnelles

de Defoe, l'«affaire Pamela»,

la vogue du sentimentalisme. On verra,

chemin faisant, qu'il y a autant de continuité,

voire de superposition, entre le

roman comme romance et le roman comme

novel - ce qu'on désignera comme

le (nouveau) roman. Cette distinction canonique

se révèlera être une question de

pose lectoriale , pas de genre. Nos héroïnes

emblématiques feront ainsi preuve d'une

étonnante vitalité d'un auteur à l'autre :

la biographie de Leonora, esquissée par

Addison, est poursuivie par Fielding,

et complétée par Maria Edgeworth ; celle

de Lydia passe de Smollett à Sheridan

avant de s'achever chez Jane Austen ;

Arabella, victime d'une grave névrose

romanesque chez Charlotte Lennox,

rechute chez Mrs. Pye... Car la Bibliothèque

peut changer, mais le désir de

fiction s'alimente toujours aux mêmes

sources.

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