Peuple, région, nation

De nombreux mouvements, en Europe et ailleurs, obligent
aujourd'hui à réévaluer les rapports entre région et nation,
entre «centre» et «non-centre». Ce problème se posait
déjà en France sous l'Ancien Régime mais il est devenu plus
aigu depuis la Révolution française et pourrait devenir l'une
des questions clefs du XXI<sup>e</sup> siècle, jouant pour ou contre la
démocratie.
Encore faut-il savoir ce qu'est un peuple. La notion est
centrale, complexe et parfois ambiguë. Elle implique la mise
en évidence de liens affectifs et esthétiques entre un espace
et sa population et la recherche de modes de relations entre
eux, mais peut aller jusqu'à l'expression du désir de former
une nation apte à se doter d'un État. Il y a là en définitive un
ensemble de processus de nature politique.
La Bretagne est à cet égard un précieux observatoire. Il faut
départiculariser l'objet Bretagne sans le dissoudre, retracer le
développement régionaliste et nationaliste de l'idée bretonne
aux XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles, en Bretagne et au-delà, confronter
cette idée avec l'essor du celtisme, notamment en France et
en Grande-Bretagne, mettre en évidence ce qui distingue cet
ensemble de la vision universaliste française de la nation. Tel
est l'objet des études rassemblées ici.