Mineur à d'Arenberg et ouvrier sidérurgiste à Usinor Dunkerque : l'itinéraire d'un ouvrier reconverti : écrits d'un mineur en pays minier

«...Ayant eu deux filles qu'il initia très tôt à la musique puisque l'une apprit l'accordéon, l'autre la batterie, papa forma un orchestre qui à l'époque, marchait très bien...
Pour ma part, je faisais mon entrée dans l'Harmonie des Mines D'Arenberg, si prestigieuse à mes yeux, comme saxo ténor, sous la direction du chef Malaquin Maurice...
Que de moments de camaraderies, j'ai pu vivre! Carous Henri était tourneur. Choquet Maurice exerçait le métier de charpentier... Moerman dépannait au criblage ou en haut du terril. Lui n'avait pas le beau rôle en hiver! Alors, le dimanche matin, lorsqu'ils devaient travailler au sommet, l'Ingénieur leurs payait une bouteille de Genièvre...
Mais la mine me tenait! ...La paie ne suivait pas avec les responsabilités. Même si j'en avais assez de cette situation, nous n'avions pas le droit de manifester une quelconque hostilité. Nous étions la propriété des Houillères...
J'entendis parler qu'elles reconvertissaient les mineurs à Fos sur-Mer, à E.D.F.-G.D.F., Usinor sur les villes de Mardyck ou Dunkerque. Les mines fermaient les unes après les autres. Je décidais donc, de poser ma candidature».