Renault, nid d'espions

«T a carrière, tout est arrêté, tout est fini. À
l'instant même tu quittes ce bureau, tu quittes
Renault, Michel ! » annonce le DRH. « Il est question
de corruption et de comptes offshore, ça va être très
lourd ! » assène le directeur juridique.
Nous sommes le 3 janvier 2011. Trois cadres auraient
trahi. Ils sont virés. L'affaire Renault démarre.
Enquêtes sur la vie privée, filoches, manipulations,
fausses factures, fouilles de comptes en banque. Au
coeur du dispositif : la Source, l'informateur mystère
qui détiendrait la preuve de l'espionnage industriel.
Dix ans. Il aura fallu dix ans à Renault pour devenir
le théâtre des complots et des coups fourrés. On
transporte un adolescent de nuit dans un coffre de
voiture pour qu'il pirate les ordinateurs des employés,
on enquête sur la vie sexuelle des syndicalistes. On
fait croire à des ingénieurs qu'ils sont pourchassés
par de sanguinaires Tchétchènes, on interroge un sous-traitant
dans un faux commissariat. Quatorze salariés
sont licenciés sur la base d'accusations farfelues.
Sept suicidés sont recensés dans les effectifs du
Technocentre.
Fruit de trois ans d'enquête, Renault, nid d'espions
propose à travers de nombreux témoignages et documents
inédits, une plongée hallucinante dans une entreprise
mythique où les barbouzes manipulent les polytechniciens.
Une histoire glaçante. Pourquoi ? Parce que tout est
vrai.