Les figures du pauvre dans les sources italiennes de l'Antiquité tardive

Dans l'Antiquité tardive, les «pauvres» sont partout présents
dans les discours des auteurs de l'époque et leur pauvreté
est sans cesse définie et pensée ; mais ces représentations sociales
nous donnent-elles une claire image de la réalité ? Et peut-on
réellement faire l'histoire d'une société à partir du regard qu'en
avaient ses contemporains ? Tel est le problème abordé par ce
livre, qui montre la complexité des représentations sociales et des
regards portés sur la pauvreté. Car ce ne sont pas une, mais des
figures de «pauvres» qui apparaissent dans le discours des chrétiens
et des païens de cette époque et l'image du pauvre tremblant
de froid et de faim, quoique surreprésentée, n'est en réalité
qu'une figure parmi d'autres, le «pauvre» pouvant aussi bien
symboliser toute la plebs opprimée que le seul marginal, étranger
au corps social et civique. En réalité, la complexité de ces représentations
ne doit rien au hasard et s'explique par le discours qui
les met en forme : le «pauvre» apparaît différent en fonction des
contextes dans lesquels les auteurs parlent de lui.