Loger l'Europe : le logement social dans tous ses états

Dans le champ du logement social et du logement des personnes dites défavorisées, qui décide, pour
quelle cible ? Comment s'articulent les différents niveaux de gouvernement et les multiples instances de
production de règles ? Quelles en sont les conséquences sur le public-cible du logement social ?
Sous les effets de la crise, des orientations européennes et de facteurs internationaux, de la montée en
puissance des niveaux infra et supranationaux et du rôle croissant des acteurs privés dans les politiques
publiques, les systèmes du logement social se sont parfois métamorphosés et les réponses proposées
par les pays ont pu varier en fonction de leur histoire et de leur régime de protection sociale respectifs.
Ainsi, à la seule lecture des récentes décisions communautaires, il semble que l'Union européenne tende
à promouvoir une conception selon laquelle le logement social doit être destiné aux personnes les plus
en difficulté qui ne peuvent pas se loger sur le marché en raison de leurs faibles ressources. Quant à la
crise économique et financière, elle a vraisemblablement accentué les tendances déjà présentes depuis
plusieurs années. Ces évolutions dans l'action publique posent de manière évidente la question du sens
du logement social, de sa gouvernance et du lien avec le logement des personnes dites défavorisées.
La première partie analyse le système du logement social dans des pays représentatifs des différents
régimes de protection sociale (Royaume-Uni, Allemagne, Finlande, Espagne, République tchèque, Pays-Bas,
France). La seconde partie interroge la question de l'existence d'un modèle européen de logement
social en adoptant une approche transnationale et pluridisciplinaire. Enfin, la troisième partie porte plus
particulièrement sur le modèle français, l'enjeu étant d'interroger la pertinence de cette notion et d'observer
les diverses facettes des politiques publiques conduites en France en matière de logement social.