Chemin de l'exil : vers une identité ouverte

L'exil est un long cheminement à travers de nombreux
traumatismes : arrachement à la terre natale, à la patrie ;
perte des êtres et des objets aimés, traces de la violence
sociale qui a conduit à l'expulsion, abandon de la langue maternelle...
Ce déracinement exige un deuil singulier - entre l'euphorie
(idéalisation du pays d'accueil) et la nostalgie (idéalisation
du pays perdu), loin du familier. L'exilé est un étranger pour les
autres et il a sans cesse à faire valoir son identité.
Lya Tourn ne cherche pas à établir une «psychopathologie de
l'exilé». À travers son expérience clinique mais aussi la littérature,
la mythologie et, notamment, la place des figures emblématiques
d'OEdipe et de Moïse dans la pensée de Freud (lui-même
«exilé»), l'auteur interroge les enjeux identitaires de ce
phénomène «profondément constitutif de l'humain». L'exil
peut conduire parfois à l'anéantissement du sujet ou, au contraire,
à un dépassement vers une nouvelle identité «ouverte».