C'était un temps béni... : chronique d'une enfance à Sanvic, en Seine-Maritime

C'était un temps béni...
Chroniques d'une enfance à Sanvic, en Seine-Maritime
Sanvic, commune désormais rattachée au Havre : un plateau qui
domine la mer, les années cinquante... C'est le moyen de situer et dater
ce récit d'une enfance. Tout s'articule autour d'une identité usurpée, celle
d'un frère mort dont on porte le prénom à peine modifié, et la présence du
père, inconsolable d'une première perte et qui n'entrevoit pas la singularité
de ce nouveau fils censé remplacer le premier. Celui-ci, ainsi que Janus, a
le double visage du passé et du futur mais son aspect présent échappe
à son géniteur. Ce n'est qu'à la fin de sa vie que le père reconnaîtra son
fils, que le fils comprendra son père... Mais pour lors il faut grandir, en
dépit du lourd secret, dans la connivence pourtant du frère perdu qui dort
dans le cimetière tout proche. C'est le quotidien de ces années-là qui se
trouve ressuscité avec le fol optimisme qui le caractérisait. Ce qui aurait
pu provoquer un drame existentiel permit un chemin de vie où l'enfant fut
baigné dans une manière de grave euphorie, car seul l'oxymore permet
de traduire l'ambiguïté de cette situation. C'est aussi le nécessaire
passage de la solitude rêveuse à la révélation de l'altérité : l'école, la peur,
les conquêtes et les émotions des premières controverses.
La dérision parvient à secouer tout cela de son rire énorme ! Le vieil
homme devenu s'est édifié par le moyen de ces dérisoires aventures...
Comme Hardellet, il se souvient de son jardin : il songe, il écrit, et
pleure et rit... C'était aux premiers jours, aux temps d'autrefois...
C'était un temps béni...