Les cachettes huguenotes : aux environs de La Salle et dans les Cévennes

La Révocation de l'Edit de Nantes, en octobre 1685,
vint brutalement porter le dernier coup à la religion protestante
qui, disait-il jésuitiquement, avait presque disparu
de France. Les événements devaient démontrer
qu'il n'en était rien.
Les huguenots des Cévennes, en particulier, furent
frappés de stupeur par cette dernière mesure. Ils ne
pouvaient croire que le roi auquel ils fournissaient ses
meilleurs soldats, et pour lequel ils priaient dans leurs
temples, fût celui au nom duquel on les persécutait.
Rien ne leur fut épargné pour les amener à changer
de religion. Evictions de biens, dragonnades, prisons,
galères, l'échafaud ou l'exil furent le lot de la plupart
des familles. Obligés de défendre leur religion et leur
vie, les protestants restés dans les Cévennes s'organisèrent
peu à peu pour échapper autant que possible à
tous les maux qui fondaient sur leur tête. Plus tard
même, ces paysans, lorsque leur exaspération fut à son
comble, surent, un moment, avec des chefs sortis de leur
sein, faire trembler la puissance royale. Elle fut obligée
d'envoyer contre eux Villars, le meilleur et le plus diplomate
de tous les maréchaux de France. Il eut raison
de la révolte des Camisards, mais ni lui, ni les intendants
ne purent avoir raison de l'âme cévenole, fidèle à
ses principes librement acceptés.