Charles de Gaulle : chrétien, homme d'Etat

La foi d'un croyant est toute subjective et l'historien n'est pas
toujours le mieux armé pour la comprendre. Dans le cas du
général de Gaulle, cette difficulté est particulièrement marquée.
L'intéressé s'est peu exprimé sur le chapitre, par pudeur
sans doute. Les témoignages de ceux qui l'ont connu et fréquenté
ou les écrits publics et privés qu'il a laissés livrent
pourtant des indications précieuses sur la foi du Général.
Loin des caricatures qui feraient plus tard de lui un disciple
de Charles Maurras et de l'Action française, le jeune Charles
de Gaulle fut élevé dans un catholicisme à la fois traditionnel
et ouvert. Il devait rester fidèle à cette éducation tout au long
de son existence. En ce sens, de Gaulle fut incontestablement
un croyant et un pratiquant.
Se posent alors deux questions très simples : cette foi et cette
pratique religieuse ont-elles compté dans certaines des décisions
qu'il eut à prendre à la Libération ou sous la V<sup>e</sup> République
? Comment de Gaulle agit-il en homme d'État et en
chrétien, à défaut de vouloir être un homme d'État chrétien ?
Pour y répondre, la Fondation Charles de Gaulle a réuni des
spécialistes d'histoire religieuse, mais aussi des historiens du
politique. Leurs contributions montrent que de Gaulle réfléchit
et agit en laïc catholique, à la fois fidèle à l'idéal républicain
et à l'enseignement conciliaire.