De Gaulle, Roosevelt et l'Indochine de 1940 à 1945

Par quels exercices d'équilibristes l'Indochine française est-elle parvenue, de
1940 à 1945, à préserver ses populations des atrocités que subirent les Indes
néerlandaises, la Malaisie ou la Birmanie ? Comment est-elle arrivée à survivre en
autarcie presque complète ? Sait-on qu'un conflit avec la Thaïlande fut marqué par
la seule victoire navale française des deux guerres ?
Pendant toute cette période, non seulement l'Indochine ne reçut aucun soutien
des Américains, mais le président Roosevelt, animé par un farouche esprit anti-colonialiste,
aida Thaïlandais et Japonais jusqu'à Pearl Harbor, puis le Viêt-minh.
Les bombardements américains sur l'Indochine firent de très nombreuses victimes
et entraînèrent, durant l'hiver 1944, une famine qui provoqua la mort d'un million
de Tonkinois.
Les illusions gaulliennes provoquèrent le coup de force japonais du 9 mars 1945
et ses crimes de guerre. Le sectarisme de certains gaullistes explique
qu'administrateurs et militaires français qui avaient résisté aux Japonais pendant
cinq années fussent restés internés par les Nippons vaincus, permettant au Viêt-minh
de s'emparer du vide.
Cinq longues années trop méconnues de l'histoire de pays et de populations que
tous les Français, qui y ont vécu, ont aimé.