Dommages de guerre : Paris-Pristina-Belgrade, 1999

Sous la bannière de l'Otan, Assassins Sans Frontières et Marchands Du Monde ont ravagé la Serbie et le Kosovo... sans pour autant vaincre l'affreux dictateur qui fournissait le prétexte à la guerre. L'épouvantail peut encore servir.
Concurrents et complices, les Etats-Unis et l'Union européenne aménagent dans les Balkans une zone de transit pour les ressources énergétiques qu'ils importent comme pour les marchandises qu'ils exportent. Les VRP du capitalisme y remodèlent les économies et les territoires à leur convenance ; ils forment des magistrats, des chefs d'entreprise et même des «meneurs syndicaux»
En dissimulant cela, le gouvernement français a réussi à convaincre des millions de téléspectateurs que les bombardements relevaient de l'action humanitaire, sans véritable motivation géostratégique ou économique. Parmi les crédules et les muets, il s'est trouvé des non-violents, des anarcho-syndicalistes, des libertaires, des antimilitaristes, tous adversaires déclarés du monde capitaliste. Pour nous, qui n'avions à redouter ici ni les bombes, ni la mobilisation générale, il s'agit là du plus honteux des «dégâts collatéraux».