1905 autour de Tsoushima

De l'autre côté du monde, entre Corée et Japon,
se déroula en 1904-1905 «une des guerres les plus
formidables des temps modernes», «un des événements
les plus grands de l'Histoire contemporaine», qui retentit
dans le monde d'alors comme la destruction des Twin
Towers de New York le 11 septembre 2001.
La bataille de Tsoushima n'était que la fin d'un feuilleton
politique et militaire commencé l'année précédente
et que suivit alors la presse mondiale, au jour le jour
pendant près d'un an et demi. Des temps forts comme
les batailles de Chemulpo en Corée, Port-Arthur et
Moukden en Mandchourie, alimentèrent le crescendo
dramatique et héroïque qui s'acheva à Tsoushima par la
destruction d'une escadre russe arrivée là au terme
d'une hallucinante épopée de plusieurs mois.
La défaite d'une puissance d'Occident face au
nouveau Japon enflamma l'opinion. La littérature internationale
vit se multiplier reportages, histoires d'amour,
récits épiques, théâtre, nouvelles, qui rendent compte de
l'atmosphère tragique de périls imminents et de fin du
monde qui baignait les esprits.
Les plus grands noms de l'époque réunis dans ce
volume - Jack London, Léon Tolstoï, Sôseki, Gaston
Leroux, Claude Farrère ou Kouprine, sans oublier
Jaurès, Lénine, Pierre Frondaie, Lafcadio Hearn et
quelques autres - témoignent de cet événement dont
on célèbre le centenaire et qui inaugura à bien des égards
le XX<sup>e</sup> siècle.