Les préservatifs des dangers de l'amour à travers les âges

«S'il pouvait y avoir un remède vraiment préservatif
de la contagion vénérienne, il faudrait l'accueillir
comme un bienfait, et l'adopter avec empressement ;
non pour favoriser le libertinage, mais pour garantir
de ce fléau destructeur les tristes et innocentes victimes
qui paraissent y être dévouées dès leur naissance,
ou assujetties par leur situation et leur état».
De Horne, D.M., ancien médecin des camps et
armées et en chef des hôpitaux militaires (1774).
Cette étude sur l'histoire du préservatif, rédigée en
1910 par le D<sup>r</sup> L. Le Prieur retrace avec beaucoup
de précisions, le cheminement qui a amené des
médecins depuis la fin du XVII<sup>e</sup> siècle à trouver
«des moyens capables de libérer l'humanité tout
entière de l'effroyable tribut qu'elle paye à la syphilis
et à la blennorragie» et aussi à rétablir la vérité sur
l'origine de ses différentes étymologies.
Mais au-delà de cela qui aurait cru en effet au début
du XX<sup>e</sup> siècle qu'un mal aussi dévastateur que le
sida allait mettre en péril des populations entières et
qu'un si petit attribut, le préservatif, participerait,
sinon à l'éradiquer, au moins à contenir sa propagation.
Le caractère prophétique que revêt ce texte ne manquera
pas de laisser aujourd'hui nos contemporains
s'interroger sur l'obscurantisme qui sévit encore
à l'encontre du préservatif, alors qu'il devrait faire
l'objet de toute notre attention et de «tous nos
soins».