Aux sources de la valeur : des biens et des liens

Nous baignons dans des valeurs : les valeurs morales portées par
des êtres, que nous défendons ou que nous combattons, mais aussi
les valeurs des biens matériels qui envahissent désormais nos existences.
Quel est donc le rapport entre la valeur d'un être, d'un
«petit» ou d'un «grand» dont on disait autrefois qu'il était valeureux,
et la valeur des biens que nous acquérons de plus en plus massivement,
car nous les désirons ? C'est cette exploration que tente
cet ouvrage.
La science économique s'intéresse à la valeur des biens, elle ne
considère qu'un régime de la valeur, celui de l'économie de marché.
Mais il subsiste dans nos sociétés des formes modernes d'un autre
régime de la valeur, qui a prévalu jusqu'au 18<sup>ème</sup> siècle, et qui faisait
une place plus importante au lien, à la grandeur des êtres. La sociologie,
l'anthropologie s'intéressent au lien, mais éliminent trop souvent
les biens. Comment articuler ces visions ? Ces deux régimes de
la valeur sont ici explicités, ils sont replacés dans une perspective
plus vaste et plus structurale sur ce qui fait l'homme en société, et
qui nécessite leur association. Ce nouage des valeurs, qui est le commerce
des êtres, dans des économies qui reposent de plus en plus sur
la connaissance, se manifeste désormais dans les univers virtuels
qu'a suscités Internet. Cette tentative de clarification des différents
régimes de la valeur permet de réinterpréter bon nombre des grands
débats sociétaux actuels.