Figures du Palestinien : identité des origines, identité de devenir

Figures du Palestinien : identité des origines, identité de devenir

Figures du Palestinien : identité des origines, identité de devenir
Éditeur: Gallimard
2004299 pagesISBN 9782070759361
Format: BrochéLangue : Français

De la chronique du conflit palestino-israélien, de l'histoire séculaire de

chaque camp, des enjeux stratégiques ou des négociations de paix, de l'actualité

aussi, il n'est pas question dans ce livre.

Voici pourtant un des ouvrages les plus éclairants sur la question, car il

livre, grâce à une approche d'anthropologie historique, les clés fondamentales

de l'identité palestinienne.

Peuple expulsé de sa terre en 1948, les Palestiniens, sans jamais oublier ou

négliger leur histoire, se définissaient d'abord par leur géographie si particulière,

celle de la Terre sainte.

Trois figures retracent leur identité de devenir.

Gens de la Terre sainte : du temps de l'Empire ottoman, les Palestiniens,

plus encore qu'Arabes occupés, se définissent par le pays où coexistent communautés

et religions et dont les paysages sont marqués par les fusions des

lieux de culte et de pèlerinage des monothéismes.

Arabes de Palestine : du temps du Mandat britannique, lorsque se bâtit le

«Foyer» sioniste qui prétend appuyer ses droits sur une antériorité des Juifs

sur les Arabes, au point que la «montée» vers la Palestine est un retour et non

une venue, les Palestiniens, pris dans la double tourmente des colonialismes

britannique et juif, deviennent, malgré résistance et révoltes, graduellement

des étrangers sur leur propre terre.

L'Absent ou le Palestinien invisible : après l'expulsion de 1948, alors que le

nouvel État d'Israël gère les biens des expulsés comme «biens des absents» et

qu'il efface ou modifie méthodiquement, au fil des années, toponymie et topographie,

les Palestiniens, parqués par villages entiers dans les camps de réfugiés,

cultivent la mémoire des lieux et nourrissent l'idée du retour.

Un rapport à l'histoire, évoluant en pure nostalgie, aurait peut-être permis

que les Absents se dissolvent dans les pays arabes voisins, confirmant les

voeux longtemps émis à travers le monde : «Les Palestiniens, ça n'existe pas.»

Mais le rapport à une terre exilée dont on enseigne les paysages originaires

aux nouvelles générations explique cette survie, contre les vents de l'histoire

et les marées des guerres. Après des siècles de présence chez lui, le peuple

palestinien réclame un État, puisque la communauté et le droit international

ont érigé l'État-nation en seule forme possible, pour un peuple, de présence

libre et souveraine sur sa terre.

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