Anthologie poétique amoureuse

En toi je vis, où que tu sois absente, disait Maurice Scève à Délie. À son image, les poètes n'ont cessé de considérer l'amour comme la suprême illumination, l'orage désiré, la minuterie transcendante susceptible de « rendre clair leur coeur obscur ». Bernard de Ventadour n'affirmait-il pas : « Celui qui aime plus doit aussi le mieux chanter » ? Et Louis Aragon, huit siècles après : « Toute parole à ma lèvre est une pauvresse qui mendie... et c'est pourquoi je dis si souvent que je t'aime faute d'un cristal assez clair, d'une phrase que tu mettrais à ton cou. »
Un poème est la plus efficace des déclarations. De l'amour courtois à l'amour tout court, des nuits fauves de Baudelaire aux regrets d'Apollinaire, des passions éperdues de Nerval aux flamboyantes déclarations surréalistes, cette anthologie amoureuse - qui fait une large place aux auteurs vivants, aux poètes francophones et à la poésie féminine, de Louise Labé à Andrée Chedid - invite à prêter l'oreille au chant profond du coeur. Voix de ce qui, en chacun de nous, constitue la part la plus précieuse, la plus fragile et la plus indestructible : tel se voudrait ce florilège.