L'odyssée Cendrars

«Comme d'une passerelle de navire, Blaise Cendrars surveille
la vie. Nez de cap-hornier, lèvres crevassées par les embruns,
une trogne qui relève de la légende, il est l'ogre universel, trimardeur,
érudit, marin, reporter, soldat, poète, passeur, aventurier gorgé de
sève, toujours plus loin, toujours plus intense.
Son itinéraire, contradictoire et fallacieux, escamoté ou enjolivé, est
aussi difficile à saisir qu'une boule de mercure au creux de la paume.
Alors que les boussoles s'affolent et que les points de repère s'estompent,
il est peut-être le seul à nous restituer le vrai goût du XX<sup>e</sup> siècle,
âcre et désemparé. Cendrars ? Le plus moderne d'entre tous.»
D'Alfa Romeo à Zone, en passant par Kodak et Wagon-Lit, Patrice
Delbourg célèbre les vingt-six vies de Cendrars (1887-1961), autant
que de lettres dans l'alphabet. Vingt-six escales au long d'une bourlingue
ininterrompue, vingt-six façons de ne pas ranger dans un bocal étanche
l'auteur insaisissable de L'Or et de Moravagine , vingt-six occasions de
serrer la «main amie» du plus adroit gaucher de la littérature.