Les Bouches-du-Rhône dans la guerre, 1939-1945

Le département des Bouches-du-Rhône, très urbanisé et industrialisé, où, avant-guerre,
les courants de gauche étaient majoritaires, fait montre, après juin 1940, d'un fort
maréchalisme. Les autorités de Vichy le prennent en main avec l'aide de la Légion
française des combattants. Pendant l'été 1942, elles organisent des rafles de juifs étrangers,
concentrés au camp des Milles avant d'être déportés. Pourtant, la Résistance est ici
précoce. Très rapidement, des organisations aident les nombreux réfugiés et persécutés,
et les réseaux et mouvements de Résistance - dont Jean Moulin rencontre les dirigeants
à Marseille - commencent leur action. Des manifestations de rue ont lieu en mars 1941 et
le 14 juillet 1944.
Après l'occupation de la zone libre, en novembre 1942, les quartiers nord du Vieux-Port
de Marseille sont détruits par les Allemands, les suspects raflés par la police française, les
jeunes envoyés en Allemagne pour le STO, les juifs et les résistants déportés. La Milice et
le parti populaire français tiennent le haut du pavé, en lien avec la Gestapo. La Résistance,
fortement réprimée, s'engage dans l'action armée et organise de grandes grèves en mars et
en mai 1944. En juin, la montée au maquis est réprimée par de véritables massacres. Après
le débarquement du 15 août 1944, la Résistance déclenche l'insurrection, en particulier
dans les grandes villes, dont Marseille. Le 28 août, les troupes allemandes capitulent. Le
commissaire régional de la République, Raymond Aubrac, entreprend alors, avec l'aide du
comité départemental de Libération, de rétablir la République, d'assurer un ravitaillement
très précaire et de redresser l'économie...
De 1939 à la Libération, Robert Mencherini nous plonge dans l'histoire des Bouches-du-Rhône,
rappelant à la mémoire collective les traumatismes et les bouleversements des
années noires...