D'amour et de soie

Née en 1943 à Lansargues (Hérault) dans la
boulangerie de ses grands-parents, Hélène Meynadier-Morel est issue de
"gavats" auvergnats et de "raïols" cévenols. De ses racines elle a hérité le
langage imagé des méridionaux ainsi qu'un intérêt précoce pour l'éducation
des vers à soie et tout ce qui en découle.
Son roman se situe au début du XIX° siècle. Il est
librement inspiré de la thèse d'Yves Morel "les Maîtres du fil".
L'héroîne, Antonella, est une petite Piémontaise
de 10 ans au moment où commence le récit. Sa mère Gina vient de mourir,
son père Giovanni, menuisier dans les moulinages, est impliqué dans le
mouvement résistant des Carbonari. Pour se soustraire aux tracasseries
policières de l'occupant Autrichien, il va arracher sa fille au monde de son
enfance et l'entraîner dans l'exil. Giovanni choisit de s'enraciner dans une
région aussi semblable que possible à leur Piémont natal. C'est à Mercuer,
petit village ardéchois proche d'Aubenas, que nos deux exilés reconstruiront
leur vie. En Ardèche comme en Piémont l'éducation des "magnans", la
filature et surtout le moulinage jouaient en ces temps-là un rôle premier.
Leur vie laborieuse et sociale va graviter autour de la soie. La soie assurera
l'ascension fulgurante de la petite Piémontaise, du statut d'ouvrière jusqu'à
la sphère enviée des mouliniers. La soie encore constituera la toile de fond
de leur vie sentimentale. Mais " lieu de naissance, lieu de plaisance "...
Giovanni fera en sorte que jamais sa fille n'oublie ses racines et ensemble ils
iront, à leurs risques et périls, revoir les vallées lointaines de leur terre
natale.