La Vendée aux lèvres closes : Pierre Monnereau, le saint oublié (1787-1859)

Au coeur du mystère vendéen
Gilet gris et croix discrète, jupe bleue et 2 CV assortie de soeurs soignantes ou enseignantes, elles ont été, tard dans le xxe siècle, l'une des figures les plus familières de la Vendée. Les soeurs de Mormaison étaient en effet plus de mille à l'apogée du catholicisme vendéen, la plupart issues de familles modestes.
Mais où ont-elles puisé la force de cette étonnante expansion, et pourquoi en sontelles presque venues à perdre la mémoire de leur fondateur, Pierre Monnereau, le saint curé des Brouzils ? Rejetant les histoires édifiantes, soeur Marguerite Vrignaud, archiviste de la congrégation, se livre ici à une passionnante enquête et à un décapage sans complaisance.
Au départ de cette extraordinaire aventure spirituelle, un fils de forgeron qui avait sept ans au moment des colonnes infernales. L'âge de raison en un temps de déraison. Et c'est en servant les messes clandestines qu'il découvre sa vocation. La Vendée est à rebâtir à neuf, les maisons comme les âmes : il sera prêtre.
Bientôt, rassemblant quelques-unes de ses paroissiennes des Brouzils, il crée le noyau d'une communauté destinée à éduquer des mères chrétiennes. Et ces femmes qui n'avaient rien contribueront à donner au pays les nombreux prêtres qui feront de la Vendée un bastion du catholicisme. Ce en dépit des autorités comme des bourgeois du cru, dont soeur Vrignaud nous démêle les multiples intrigues. Chemin faisant, elle nous introduit dans l'intimité d'un peuple pudique et secret, au coeur de la Vendée aux lèvres closes d'un signe de croix.