L'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (XIIe-XXe siècle)

L'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (XIIe-XXe siècle)

L'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (XIIe-XXe siècle)
20071010 pagesISBN 9782915352184
Format: BrochéLangue : Français

Dans l'historiographie africaine d'aujourd'hui, lorsqu'on parle de l'esclavage,

l'attention se porte particulièrement sur le courant transatlantique, qui éclipse de

ce fait les autres aspects du phénomène. Au contraire, cet ouvrage, tiré de la thèse

de doctorat d'État de Harris Memel-Fotê, met plutôt l'accent sur l'existence de

l'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne. L'auteur s'intéresse

au procès de production des esclaves, aux motifs qui inspirent l'acquéreur, et aux

formes de résistance pratiques.

Par une analyse rigoureuse, exprimée dans un langage clair et agréable, l'auteur

étudie l'institution esclavagiste dans les sociétés Abê, Abidji, Abure, Alladian,

Bete, Dida, Kweni, Neyo et Odjukru. Il aboutit à établir une évidence historique

et révolutionnaire : «l'esclavage n'a pas été ici un processus imposé simplement

par des sociétés étrangères, en l'espèce des États guerriers et marchands, africains

ou européens : il a été une pratique sociale commandée et entretenue par des

nécessités internes». Sa connaissance du terrain et l'usage des méthodes

pluridisciplinaires permettent à ce «Socrate ivoirien» d'expliciter les

«métamorphoses de l'institution esclavagiste selon le contexte où elle est

insérée». Cette démarche systématique fait apparaître, sous un éclairage nouveau,

les fonctions principalement «politiques» de l'esclavage : l'accumulation des

esclaves est le moyen privilégié de la conquête du pouvoir à l'intérieur des

sociétés lignagères.

Cet ouvrage constitue à la fois «une pièce inestimable au délicat dossier, qui fait

actuellement débat en France et ailleurs dans le monde, sur l'esclavage et les

traites négrières et qui met en jeu des revendications identitaires parmi les

diasporas d'origine africaine anciennes ou plus récentes ; et une importante

contribution à une nécessaire mise en regard entre pratiques esclavagistes

d'autrefois et trafics d'êtres humains (...) d'aujourd'hui» (Jean-Pierre Dozon).

La contribution originale de cet ouvrage est d'amener lecteurs et chercheurs à une

refonte générale des conceptions sur l'esclavage, trop marquées jusqu'à présent

par un certain «économisme».

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)