Le Râmâyana

Les dieux sont en péril par le fait des Râkshasa, race de
démons terribles, à la force immense, gouvernés par le roi
Râvana aux dix têtes qui réside à Lankâ (Ceylan). Ils enva-hissent
peu à peu l'univers et menacent même le Ciel et
ses divins habitants. Vishnu se dévoue et s'incarne parmi
les hommes. Dasharatha, roi d'Ayodhyâ, fait boire à ses
quatre femmes un breuvage «que les dieux eux-mêmes
ont composé» ; mais il le leur partage inégalement, en
donnant la moitié à sa première femme ; elle met Râma au
monde. C'est le corps de ce prince que Vishnu anime, à
l'insu de tous ; et Râma lui-même ne connaîtra sa divine
essence qu'après l'accomplissement de sa mission, lorsque
le dieu Brahmâ, descendu du ciel, le saluera du titre de
«plus grand des plus grands dieux», en lui disant : «Tu es
vu au commencement et à la fin des mondes ; mais on ne
connaît de toi ni le commencement ni la fin.»
Le Râmâyana , considéré par les Hindous comme la
première oeuvre épique jamais écrite, raconte les persécutions
auxquelles Râma est soumis, l'enlèvement de son
épouse Sîtâ, les dangers encourus, les exploits accomplis
et, enfin, le triomphe de Râma lorsque, après s'être allié
à la nation des Singes «magnanimes», il tue le démon
Râvana et s'empare de Lankâ.
Râma est le septième avatâra de Vishnu, il représente
son aspect solaire, la loi cosmique selon laquelle le devoir
de l'homme consiste à se conformer à ce qui le régit, à
réaliser la perfection de sa nature. Râma, «le charmant»,
est ainsi l'incarnation de la Perfection (Dharma).
Le Padma Purâna considère enfin que Sîtâ «est la belle
Fille-de-la-montagne (Pârvatî)» et Râma «le Seigneur-du-sommeil
(Shiva)».
Ce grand poème de cinquante mille vers, soigneusement
dégagé des répétitions et des longues descriptions, est ici présenté
dans l'excellente traduction d'Hippolyte Fauche.