Sound : chronique des nuits chimiques

Le Sound. Boîte de nuit où se retrouvent, pendant le week-end, des êtres
frénétiques, shootés, cocaïnés, ecstasyés. Des nuits placées sous le signe de
la fête, de la musique qui s'empare de vous, des rencontres déshinibées.
L'oubli de la réalité aussi. Celle qui est subie du lundi au vendredi, à travers
les obligations professionnelles, familiales. Une réalité avec laquelle on
voudrait parfois prendre ses distances.
Le Sound. Monde parallèle, à l'envers, où se dévoilent, au fil du temps et
des addictions, des hommes et des femmes au bord du gouffre, prisonniers
d'un milieu tissé d'illusions. Un Wonderland que Jérôme a fréquenté, dans
lequel il s'est égaré, dont il a mis longtemps à s'échapper. Une expérience
aux confins de l'annihilation qu'il partage dans un témoignage à vif.
Il y avait Jérôme à la ville, Téki au Sound. La distinction allait peu à peu se
distordre pour voir Téki prendre le dessus, dicter sa soif de drogue et parasiter
la vie de Jérôme. Téki, c'est cette défense que l'on interpose entre soi et le
monde, qui dissimule notre mal-être. Téki, ce n'est pas le mal ; ce sont nos
peurs qui se teintent d'apparences séduisantes. Une terreur existentielle que
Jérôme exorcise à travers l'écriture de ce récit qui offre, peut-être mieux que les
discours moralisateurs, un panorama des dangers - pas seulement physiques,
mais aussi psychologiques - encourus par ceux qui croient tout contrôler.