Nucléaire on-off : analyse économique d'un pari

Au début des années 2000, poussé par la croissance de
la demande mondiale en énergie et la nécessité de réduire
les émissions de CO<sub>2</sub>, le nucléaire avait le vent en poupe.
Il semble aujourd'hui sur une voie de garage. Les États-Unis,
noyés sous les gaz de schiste, s'en détournent, l'Allemagne se
désengage totalement, la France ralentit, le Japon a été incapable
d'éviter un accident nucléaire majeur. Cette perception
est-elle juste ?
L'approche adoptée dans cet ouvrage est non partisane :
ni nucléariste, ni écologiste. Le seul parti est d'étudier et de comprendre
en détail l'économie de l'énergie nucléaire à l'échelle
de la planète : les coûts, les risques, les mesures de sûreté,
les décisions politiques et les règles de gouvernance internationale
de l'atome.
Cet examen met en cause de nombreuses fausses certitudes :
croire qu'il existe un vrai coût du nucléaire, élevé ou bas ; que
le risque d'un nouvel accident majeur dans le monde est certain
ou, à l'opposé, impossible en Europe ; que la régulation de la
sûreté est parfaite en France ou inféodée au lobby nucléaire, etc.
Les nombreuses questions sur l'énergie nucléaire doivent être
tranchées en incertitude , ce qui exige de la cerner avec précision.
Si le livre montre comment les débats sur le nucléaire peuvent
être éclairés par l'évaluation coût-bénéfice, par l'analyse probabiliste,
par la théorie de l'électeur médian et la notion de bien collectif,
il affirme aussi, on ne peut plus nettement, que le nucléaire
reste un pari.