Livre-journal : 1920

Livre-journal : 1920

Livre-journal : 1920
Éditeur: C. Paulhan
2013592 pagesISBN 9782912222411
Langue : Français

Petit-fils par la main gauche de Jérôme Bonaparte, Ferdinand Bac

(1859-1952) fut élevé en Allemagne. Jeune homme, il choisit de vivre

à Paris une existence de rapin, de « dessinateur de Fêtes galantes».

Puis il se fit mémorialiste et publia des ouvrages sur l'Allemagne romantique,

ses Souvenirs d'Exil (1919) et trois volumes des Intimités de

la Troisième République (1935-1936).

Peu après le Traité de Versailles, il entreprit de rédiger jour après

jour son Livre-Journal à la manière de Saint-Simon, auquel ses contemporains

le comparaient avec crainte et flatterie :

« Oui, on dira que j'ai été cruel, méchant, impitoyable. Et pourtant je

n'aurai dit qu'une faible partie de ce que j'ai vu, car, hélas dans la sincérité

absolue de mon âme, je le confesse : j'ai vu plus de ténèbres chez les

hommes que de lumières et encore plus de médiocrités que de ténèbres.

Ainsi donc quoi que je fasse pour atténuer ma plume, une force intérieure

me pousse à être sincère, ou alors, je ne veux plus me mêler d'écrire ce que

je vois. Et être sincère, c'est voir le beau et le laid tout ensemble, sans ménagements,

sans atermoiements, ainsi que le donne la source vive de la vie

dans sa variété et son oscillation infinies. Je ne juge pas, je ne condamne

pas. Je constate. Je n'ai que faire de juger et de condamner, me sachant

moi-même pétri de faiblesses. Mais en éclairant quelques ténèbres, en

dénonçant le médiocre, je m'éclaire moi-même et je me dénonce moi-même

avec une égale sincérité. Sans quoi, il n'est point d'écrits probants. Là est

la faute et là est la valeur. Faute, si nous devons admettre que toutes les

tares doivent demeurer cachées et qu'on doit jeter le voile et la discrétion

sur les particularités et intimités de ses contemporains. Valeur, si nous

devons penser qu'il est utile, fertile pour la connaissance plus profonde de

l'Histoire, de conter la vie des gens et tout ce qu'on en sait dans leur cadre

déterminé, tout ce qu'ils racontent jusqu'à leurs potins, comme un enseignement

et comme un document humain, pouvant servir à la connaissance

d'une époque. » (18 juin).

En cette année 1920 - scandée par l'élection de Paul Deschanel

(et la révélation de sa folie), la proclamation par D'Annunzio de

l'« état libre » de Fiume, la mort de l'impératrice Eugénie, les conférences

de Spa et de San Remo, la première réunion de la SDN à Genève

- l'« extraplanétaire » sexagénaire qu'est Ferdinand Bac partage

aimablement son temps entre Versailles et la Côte d'Azur : à Grasse,

au Cap Ferrat, à Menton, il a réalisé d'admirables jardins et villas

pour ses amis et relations mondaines. Mais dans son Livre-Journal , il

mêle ses précieux souvenirs à un libre réquisitoire contre son temps

et ses contemporains : « Ce sont des feuillets d'outre-tombe que je jette

aux vents et que je confie à la destinée hasardeuse de la survivance. »

Ce volume donne l'intégralité de la deuxième année du

Livre-Journal de Ferdinand Bac, qui va jusqu'en 1934.

Édition annotée et présentée par Lawrence Joseph - tout

comme le Livre-Journal 1919, paru aux mêmes éditions

en 2000.

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