La dernière à gauche en montant

«La maison se trouve dans la même rue que celle de
Françoise. Nous nous réjouissons de voisiner bientôt.
Nous allons bâtir rue de la Gouttière, elle à droite, moi
à gauche, un territoire paisible à l'ombre de Marguerite
qui, rue du Docteur-Grellière, domine évidemment la
vallée et nos destinées. Nous ferons des confitures et
des plats vietnamiens. Nous nous tiendrons la main
quand nos nuits seront noires.»
Lorsqu'en 1963, sous la pression amicale de Marguerite
Duras, l'auteur achète une maison à Neauphle-le-Château,
elle désire y fonder l'abri familial qu'elle n'a pas connu
dans son enfance et un lieu de rencontres favorable à ses
amis. Beaucoup d'enfants traverseront le jardin, beaucoup
d'artistes et de semi-artistes travailleront dans la bibliothèque.
Des militants en tout genre, des émigrés égarés, des stars
sans maquillage et même des psychanalystes danseront
dans le grenier. Mais il y aura aussi des accidents terribles.
Dans son style dense et rapide, Michèle Manceaux raconte
l'épopée de cette maison qu'elle a dû vendre récemment.
Sans regret. «On peut toujours se rappeler avec plaisir
le plaisir d'avoir eu du plaisir.» Son refus de la nostalgie,
son intégrité, son humour touchent au coeur.