1954-2004, la bataille de Dien Bien Phu entre histoire et mémoire

Les 21 et 22 novembre 2003, un demi-siècle après le largage des parachutistes
de l'Union française sur la mythique plaine de Dien Bien Phu - devenue le
tombeau de milliers de jeunes soldats -, se tenait à l'Ecole militaire un colloque
sur la dernière grande bataille de notre histoire, dont les répercussions furent
décisives pour la France, pour son empire colonial, et pour le Vietnam.
Il aura donc fallu cinquante ans - deux générations - pour que des historiens
et «grands témoins» français croisent leurs analyses avec celles d'historiens
vietnamiens venus spécialement du Vietnam, dans le cadre d'un cycle de colloques
qui s'est ensuite prolongé à Hanoi, puis à Pékin.
Revenir ensemble, dans une démarche résolument scientifique, sur un événement
majeur de notre histoire commune, dans lequel s'entrecroisent la décolonisation,
les relations Est-Ouest, et le jeu des grandes puissances ; tenter de mesurer
l'écart qui sépare l'événement de ses représentations, et la part de mythe qui
lui est attachée, tels étaient les objectifs que s'étaient fixés les organisateurs -
Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Centre d'études d'histoire de la Défense
et Université des sciences sociales et humaines de Hanoi.
Les communications et les témoignages présentés dans cet ouvrage fournissent
un éclairage nouveau, qu'il s'agisse de la bataille elle-même, de son environnement
politico-stratégique et de la mémoire qui en a été conservée. Entre mémoire et
histoire, la bataille de Dien Bien Phu, cinquante ans plus tard, continue de livrer
ses secrets.