La conférence de Walensee

«Il fallait administrer aux économies malades de la
paix un véritable traitement de choc, même si cette thérapie
risquait de n'être exempte ni d'effets secondaires ni de
séquelles qui, le moment venu, constitueraient néanmoins
de nouvelles sources de richesses. Les «Trente Glorieuses»,
selon l'expression consacrée, qui avaient suivi la Deuxième
Guerre mondiale, avaient laissé dans les mémoires la nostalgie
poignante et ineffaçable d'un âge d'or pour la renaissance
duquel les ressortissants des États les plus anciennement
industrialisés pouvaient bien consentir quelques souffrances
salvatrices et quelques sacrifices rédempteurs momentanés.
Ces trente années mythiques de croissance et de prospérité
retrouvées correspondaient, en y réfléchissant, à un peu plus
du tiers de la durée de vie moyenne dans les pays les plus
développés, ce qui était déjà appréciable. Sans viser un objectif
trentenaire aussi ambitieux, on pouvait rêver de vingt-cinq, de
vingt, et même - on n'allait pas faire la fine bouche - de
quinze années à leur image. Certes, plus la durée en serait
brève, plus les chances de relance globale effective seraient
fragiles. Mais ces considérations devaient-elles faire obstacle
aux intentions projetées ?»