Mémoire de braise : 1939-1945 : récit

«En haut de son corps immobilisé, sa bouche encore vivante crachait
aux têtes casquées qui le visaient, les ultimes imprécations de sa
fureur condamnée.»
Le fracas des détonations, les brèves et brutales secousses qui ont
traversé son corps, ont couvert et cassé son dernier cri de rage.
Sa tête est tombée sur son corps pantelant retenu au poteau par ses liens.
C'est à travers tout son être que l'auteur a vécu la guerre : le bruit
du martèlement des bottes allemandes résonnant sur les pavés, le
grondement des avions, l'odeur de la mort et du dégoût, la méfiance,
la peur et la rage au ventre, le jeu mortel du chat et de la souris avec
la Gestapo, le contact de la dernière poignée de main à son ami, mort
des suites de son internement en camps de concentration et enfin,
l'indicible bonheur à la vue de l'impressionnante colonne «de chars
puissants et fatigués» de la Libération, pour les ultimes combats.