Le comportement de douleur : une étude pluridisciplinaire

Ce que nous appelons couramment douleur représente en réalité
seulement l'aspect sensoriel et émotif d'un robuste système
comportemental de défense, commun à tous les êtres vivants, appelé
nociception , qui leur permet de faire face aux agents externes ou internes
capables de les blesser. Des terminaisons libres détectent dans divers
tissus les stimuli susceptibles d'endommager l'organisme et déclenchent
les réponses adaptatives (évitement, retrait, fuite, lutte) à même de mettre
fin aux agressions et même de les prévenir. On comprend de mieux en
mieux les mécanismes physiologiques d'intégration à l'origine de ces
compétences comportementales. On sait, par exemple, que tout au long du
trajet nerveux qui conduit les informations nociceptives de la périphérie
au centre sont localisées des structures capables de bloquer partiellement
la transmission des messages et de réduire ainsi l'intensité des sensations
douloureuses : c'est ce qu'on appelle le système de contrôle interne. Mais
les êtres humains ont su mettre au point de nombreuses méthodes de
contrôle externe de la douleur. Pendant longtemps, ils ont utilisé les
propriétés analgésiques de certaines plantes dont la plus célèbre est le
pavot, Papaver somniferum , qui contient l'opium. Mais nous avons
aujourd'hui à notre disposition, à côté des traitements pharmacologiques,
un riche éventail d'autres techniques, comme l'électrothérapie,
la relaxation ou encore l'hypnose qui nous aident à mieux supporter nos
douleurs et à réduire nos souffrances.