Chevaux 8, hommes 70 : le train fantôme : 3 juillet 1944

Le 3 juillet 1944, un des derniers trains de
déportés quitte Toulouse. A son bord, entassés
dans une centaine de wagons à bestiaux,
sept cents détenus, dont soixante femmes,
résistants capturés et réfugiés républicains
espagnols, prisonniers du camp du Vernet-d'Ariège
et de la prison Saint-Michel de
Toulouse. Beaucoup sont juifs. Le voyage,
jusqu'à Dachau, doit durer trois jours. Il
durera huit semaines.
Le convoi va tenter de gagner Compiègne
via Bordeaux. La voie est coupée et il fera
demi-tour pour rejoindre la vallée du Rhône.
Sans cesse immobilisé, mitraillé à plusieurs
reprises par les avions de la RAF, il lui faudra
cinquante-trois jours pour traverser la
France, dans l'été le plus chaud de la guerre,
avec rien à boire ni à manger pour les
prisonniers, qui espèrent toujours que la
Résistance ou les Alliés les libéreront...
Parmi eux, certains réussiront à s'évader,
dont Francesco Nitti, antifasciste italien,
déjà échappé des îles Lipari, engagé dans la
guerre d'Espagne dans les Brigades internationales
avant de rejoindre la Résistance en
France. Sous le titre Chevaux 8 - Hommes
70 , celui-ci publiera quelques mois après
son évasion le récit de ce voyage, lent
comme une agonie , le plus long de l'histoire
de la déportation française.
Les survivants de cette effroyable odyssée
baptisèrent leur convoi le train fantôme.