L'affaire Lip : et les catholiques de Franche-Comté : Besançon, 17 avril 1973-29 janvier 1974

Le conflit Lip est l'un des plus populaires qu'a vécus
la France depuis mai 1968. L'occupation de l'usine par
les salariés, la saisie du stock de montres, la poursuite du
travail par les grévistes et la vente des montres en vue de
s'assurer un salaire lui ont donné un écho inhabituel.
Ce conflit, regardé avec sympathie, a également attiré
l'attention des observateurs par un autre aspect que souligne
Aimé Savard lorsqu'il écrit : «L'affaire Lip est, en
France, le premier grand conflit social dont les principaux
animateurs sont des militants ouvriers chrétiens.»
Et le ministre de l'Industrie de l'époque, Jean Charbonnel,
explique assez bien à la fois cette sympathie, cette notoriété
et cette spécificité du conflit lorsqu'il définit l'esprit Lip :
«Le culte de l'insolite, une certaine spontanéité, une gaieté
un peu forcée, oui, mais la composante la plus importante,
c'est l'esprit religieux, et le désir de faire de Lip une
paroisse, avec grand-messe quotidienne, officiants permanents,
esprit missionnaire...»
Quant à André Bergeron, il observe : «Plus tard, il
sera intéressant d'analyser le rôle joué dans le conflit par
l'Action catholique ouvrière.»
Voilà qui est fait par Jean Divo, qui a décrit cet
aspect particulier du conflit.