Mer et écriture chez Tati Loutard : de la poésie à la prose

Voici pour la première fois l'oeuvre du congolais J.B. Tati Loutard
«décortiquée» par un compatriote. Noël Kodia-Ramata donne en partage la
spécificité de l'écriture de cet auteur majeur de la littérature africaine
contemporaine. Il analyse le premier volet de sa production, avant le tournant
vers l'hermétisme qui marque sa production à partir de 1987.
En poésie se dévoile l'être profond de J.B. Tati Loutard. S'écartant du
classicisme et du surréalisme pour créer sa propre «écriture», sa poésie ne se
lit pas, elle se vit, oeuvre « où se marient les préoccupations de la vie publique avec
les certitudes, les joies et les douleurs du monde intérieur ainsi que les mystères de
l'impalpable et de l'inconnu dans une langue précise d'une richesse éblouissante ».
Il cherche à rendre compte, sans ajouter de la confusion à la confusion qui sévit
déjà à l'extérieur de l'espace de création.
La prose de J.B. Tati Loutard dévoile une personnalité plus tourmentée, où le
lecteur découvre les thèmes de la mort et de la solitude, reflets des
préoccupations de l'écrivain vis-à-vis de l'avenir politique de son pays et du
continent.
Cette étude s'attache, fait encore rare aujourd'hui, à la pratique langagière de
Tati Loutard, au-delà d'une critique psychosociologique du monde et des
personnages créés par l'auteur. Amateurs de littérature et universitaires
trouveront leur compte à travers l'analyse thématique et structurale des textes
de l'écrivain, une autre façon de le lire au pluriel.