Raymond Bernard : fresques et miniatures

Cinéaste ayant su mêler le souffle des fresques à la délicatesse des
miniatures, Raymond Bernard (1891-1977) a marqué les années vingt et
trente par quelques oeuvres magistrales : héritier de Griffith dans Le Miracle
des Loups (1924), il signe avec Le Joueur d'Échecs (1926) l'un des
sommets du cinéma muet français. Les Croix de Bois (1931), d'après
Dorgelès, demeure l'un des plus impressionnants témoignages sur la
condition des soldats de la guerre de 14-18, et son admirable adaptation des
Misérables (1933), avec Harry Baur, marque l'apogée d'un certain cinéma.
Éloigné des studios sous l'Occupation, Raymond Bernard ne retrouvera pas
après-guerre le niveau de ces grandes productions mais tournera encore
quelques films notables, dont Le Jugement de Dieu (1950) et se consacrera
à la défense des droits des auteurs de films.